15 juin 2009
projet de loi
Comment faire taire les militants
La ministre de l'Intérieur, sur suggestion de l'Élysée et de quelques parlementaires, prépare en secret un arrêté fondé sur un projet de loi signé du Premier ministre et du ministre de la Défense, prêt depuis le mois d'octobre 2008. Il s'agit de la loi 1216 de programmation militaire pour 2009-2014 : un texte plutôt banal s'il ne prévoyait, dans son article 5, de réorganiser et de redéfinir tout ce qui touche à la sécurité intérieure. Ce qui, une fois la loi votée, autorisera la publication d'un ou plusieurs décrets permettant de poursuivre notamment les militants écologistes et associatifs lorsque, par leurs actions, écrits ou propos, ils mettront en cause« les intérêts de l'État ». Dans ces « intérêts » seraient notamment inclus ce qui concerne les centrales, les transports nucléaires et le stockage des déchets, mais aussi ce qui touche aux installations industrielles et aux stockages classés « Seveso », qu'il s'agisse d'usines manipulant des substances dangereuses ou d'aires abritant des cuves de produits chimiques. Ce texte aurait aussi comme conséquence d'aggraver les peines encourues par les faucheurs d'OGM, car il permettrait de poursuivre les individus et les associations mettant en cause les intérêts économiques stratégiques de la France.
Dans l'exposé des motifs de la loi, on trouve en effet ce paragraphe: « Les attributions, déjà codifiées, des ministres de la Défense, de l'Intérieur, des Affaires étrangères, de l'Économie et du Budget sont redéfinies en fonction des différentes politiques qui entrent dans leur champ de compétence et concourent à la stratégie de sécurité nationale. Au-delà de ces modifications, et dans le prolongement des orientations du Livre blanc, des attributions particulières en matière de sécurité nationale du ministre de la justice et des ministres chargés de la Santé, de l'Environnement, des Transports, de l'Énergie et de l'Industrie sont codifiées. »
Au nom de la sécurité nationale, le décret en préparation permettrait donc de placer sous la protection de cette dernière toutes les actions et informations liées, par exemple, à l'environnement et aux infrastructures contestées par les associations de protecteurs de la nature et les organisations écologistes. De la même façon, tout ce qui concerne le changement climatique pourra entrer dans les informations classifiées interdites de divulgation. Classification qui, d'une part, sera bien entendu à la discrétion souveraine du gouvernement en place et qui, d'autre part, sera opposable à la fois aux militants, aux associations et aux juges d'instruction. S'ils existent encore. Les écolos ne sont bien sûr pas les seuls visés: ce texte à tout faire permettrait de poursuivre tous les agissements
« déviants ».
II deviendrait donc plus difficile d'exercer une contestation écologique. Ce dispositif pourrait être complété dès l'automne par une circulaire ou un décret - ce n'est pas encore décidé - qui compliquerait la tâche des citoyens et des associations de protection de la nature voulant attaquer des décisions de l'État et des collectivités territoriales devant les tribunaux administratifs. Les élus se disent lassés des remises en cause de permis de construire ou des tracés de routes. Depuis plusieurs années, les associations de maires demandent au gouvernement une restriction de la contestation « administrative » pour abus de pouvoir et non-respect des règles d'enquête publiques. En oubliant de rappeler que le recours aux tribunaux administratifs est souvent la seule arme des écologistes et des associations de protection de la nature.
Entre les possibilités de criminalisation de la contestation écologique et les restrictions aux recours administratifs, si ces deux réformes entrent en vigueur, l'écologie devrait peu à peu cesser de gêner le pouvoir. Pour l'instant, il est encore, au moins, possible de l'écrire sans encourir le risque d'être poursuivi... pour outrage au gouvernement.
15 mai 2009
évaluation CE1
pour info, à diffuser
"EVALUATIONS CE1 : QUAND Y EN A PLUS, Y EN A ENCORE" ! (1)
« Vous avez aimé les évaluations de CM2 ? Vous allez adorer celles de CE1 ! »
Voilà ce qu'aurait pu dire le Ministre de l'Education Nationale qui
confond une fois encore la détermination dont il se prévaut avec un
entêtement bien regrettable. Car aucune leçon n'a été tirée du
détestable épisode de janvier dernier qui aura vu, fait historique,
l'administration demander aux enseignants de mettre eux-mêmes leurs
élèves en échec !
Certes, la communication (2) des résultats en mars 2009, à partir
d'éléments très lacunaires (bilans incomplets et au moins 22 % de non
remontée) n'a pas participé pour une fois au discours catastrophiste
auquel on nous avait habitués. Mais les risques liés à ces nouvelles
évaluations (3) demeurent entiers. D'abord par la difficulté de
certains items (dans la logique des nouveaux programmes). Ensuite par
le système d'évaluation (4) révélateur de la pensée actuelle : binaire
(1 ou 0, bon ou faux) ! Enfin, par la menace persistante d'une
publication qu'aucun pouvoir politique ou judiciaire ne pourra
empêcher. D'ailleurs, on a déjà pu voir sur internet des classements
par académie dignes d'un championnat (5) !
Par ailleurs ces évaluations vont suivre les élèves, car elles font
partie du nouveau livret national unique et obligatoire qui va en plus
être informatisé. Elles seront même l'essentiel de ce document,
puisqu'elles vont servir de base pour l'inscription dans ce même
livret des « compétences » du « socle commun » censées être acquises
par les élèves. Ces évaluations vont donc (comme celles de CM2)
entraîner une concurrence entre élèves, entre enseignants et,
rapidement, entre écoles. Si tel devait être le cas, ce serait la fin
de l'école publique que nous connaissons et défendons.
Devant tant d'incompréhension, mais aussi en raison des risques
encourus par ceux qui ont affronté l'administration dans cette affaire
des évaluations (jusqu'à 4 jours de retrait de salaire pour des
enseignants qui ont pourtant fait classe la semaine de passation),
nous appelons plus que jamais les collègues concernés, soutenus par
les Conseils de Maîtres, voire les Conseil d'Ecole où siègent les
Parents d'Elèves (qui peuvent inciter à ne pas mettre les élèves de
CE1 une matinée dans la période d'évaluation), à ne rien faire
remonter des résultats partiels ou globaux qui pourraient être
récupérés.
Et comme le dit lui-même Xavier Darcos (6) (Ouest-France, le 6 mai
2009) : « Je serais un prof du premier degré, je serais sans doute
parmi les mecs qui gueulent ». Comme on le comprend !
Sylvain Grandserre
Porte-parole de l'appel des 100 maîtres
(1) - Le site avec ce texte :
http://www.darcos-demission.org/
(2) - la communication des résultats de CM2 :
http://www.vousnousils.fr/page.phpP=data/autour_de_nous/l_actualite_du_jour/depeches_de_l_educat/&key=20090330&key2=090330155100.5sbuwumm.xml
(3) - Le cahier de l'élève :
http://www.darcos-demission.org/docs/evalCE1_eleve.pdf
(4) - Le livret de l'enseignant :
http://www.darcos-demission.org/docs/evalCE1_maitre.pdf
(5) - Classement aux évaluations CM2 :
http://www.linternaute.com/actualite/education/dossier/test-des-cm2-les-resultats-par-region/niveau-des-cm2-qui-sont-les-meilleurs.shtml?f_id_newsletter=766
- (6) - la déclaration de X. Darcos :
http://www.ouest-france.fr/actu/politique_confidentiel_-Xavier-Darcos-furieux-contre-certains-universitaires_41770-923607_actu.Htm
20 avril 2009
journée de résistance des enseignants du primaire...
Communiqué - Lundi 20 avril 2009
du Mouvement des enseignants du primaire en résistance
Les enseignants du primaire en résistance pédagogique depuis le mois de novembre 2008 lancent un Appel à l'insurrection civile non-violente afin de faire barrage à la destruction de l’école publique et défendre l’intérêt de l’enfant avant tout au sein d’une école du progrès pour tous.
Ils appellent à une 3ème journée de la désobéissance dans l’Education Nationale le mercredi 6 mai, après celles du 17 décembre et du 11 mars. A cette occasion, le seuil symbolique des 3 000 enseignants désobéisseurs sera atteint, ce qui représente le plus important mouvement de désobéissance civile que l’Education Nationale ait jamais connu.
Cet appel est diffusé sur le blog Résistance pédagogique pour l'avenir de l'école
http://resistancepedagogique.blog4ever.com/blog/index-252147.html
APPEL du 21 AVRIL des ENSEIGNANTS DU PRIMAIRE EN RESISTANCE
A Marseille, à Toulouse, à Montpellier, à Paris… les pressions de toute sorte contre les enseignants désobéisseurs s’intensifient et les sanctions financières à leur encontre ne cessent de pleuvoir. Au lieu d’engager le dialogue dans un esprit constructif, les inspections académiques s’enferment dans une répression disproportionnée visant à faire rentrer dans le rang les enseignants qui, en conscience, refusent d’appliquer les dispositifs et les programmes pédagogiques qui remettent en cause le sens profond de leur mission.
Malgré cette répression, les enseignants désobéisseurs n’abandonnent pas leurs convictions pour faire vivre, chaque jour, une école de la solidarité et de la réussite pour tous. Ils ont le soutien massif des parents d’élèves. Une caisse de solidarité nationale a été mise en place afin de soutenir les enseignants sanctionnés par des retraits de salaire et leur permettre de ne pas céder. Et ils ne céderont pas !
L’heure est grave ! Il est minuit moins cinq dans la nuit où le gouvernement a programmé la mort de l’école de la République. Il n’est pas fatal que cette heure sonne.
C’est pourquoi les enseignants en résistance pédagogique appellent solennellement :
· les enseignants du primaire à amplifier et à radicaliser le mouvement de résistance au démantèlement de l’école publique, par la désobéissance pédagogique ciblée et affichée.
· les syndicats à reprendre à leur compte le mot d’ordre de la désobéissance civile pour faire échec aux lois qui déconstruisent le service public d’éducation.
· les parents d’élèves à multiplier les initiatives de protestation et de blocage susceptibles de faire pression sur l’autorité hiérarchique qui reste sourde au dialogue.
· les citoyens à exiger un grand débat national et des Etats généraux de l’éducation pour penser l'avenir de l'enseignement public, de la maternelle à l’université.
· les élus à s’engager instamment à défendre l'intérêt du peuple, en sauvegardant le système éducatif français.
Les enseignants du primaire en résistance pédagogique appellent la société civile à l’insurrection non-violente afin de faire barrage à la destruction de l’école publique et défendre l’intérêt de l’enfant avant tout au sein d’une école du progrès pour tous.
Ils appellent à une 3ème journée de la désobéissance dans l’Education Nationale le mercredi 6 mai, après celles du 17 décembre et du 11 mars. A cette occasion, le seuil symbolique des 3 000 enseignants désobéisseurs sera atteint, ce qui représente le plus important mouvement de désobéissance civile que l’Education Nationale ait jamais connu.
La victoire est possible si nous le voulons ! A nous de le décider, en pensée et en actes !
Mouvement des enseignants du primaire en résistance
fédérés par le blog Résistance pédagogique pour l’avenir de l’école
http://resistancepedagogique.blog4ever.com/blog/index-252147.html
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Liste de diffusion leda http://asso.lesenfantsdabord.org/
11 avril 2009
éducation civique
Il y a quelques jours, dans tous les établissements de l’enseignement secondaire, les professeurs d’histoire et géographie ont reçu dans leur casier une grosse enveloppe. A l’intérieur, d’étonnants documents pédagogiques élaborés par le Ministère de l’Education Nationale et deux associations, « Les Euronautes » et « Toute l’Europe ».
Dans l’enveloppe : une carte de l’Union Européenne et une frise historique de la construction européenne depuis 1945. Curieusement, aucune circulaire d’accompagnement... donc aucune explication sur ce qui justifie - à deux mois des élections européennes - l’envoi de ce matériel. Le professeur - confiant dans son Institution - en déduit donc qu’il s’agit d’une initiative s’inscrivant dans une pure démarche d’instruction civique, l’incitant à afficher sur les murs de sa classe ces documents pour provoquer auprès des jeunes citoyens en formation une séance de sensibilisation sur les enjeux européens. Quoi de plus louable ?
Sauf qu’à y regarder de plus près, on s’aperçoit qu’il s’agit en fait d’une stupéfiante campagne de propagande.
Un matériel « pédagogique » très orienté
Sur la carte, pas grand-chose à dire : on y retrouve les 27 pays membres de l’UE, leur date d’adhésion et quelques informations géographiques... En revanche, c’est en découvrant la frise chronologique que n’importe quel professeur un tant soit peu attentif en réalise rapidement le caractère très orienté.
Dès le premier coup d’œil, on peut facilement discerner la tonalité très atlantiste de l’ensemble du document qui présente la construction européenne, depuis la conférence de La Haye en 1948, dans le cadre d’une alliance avec les Etats-Unis face à l’Union Soviétique, et en constant parallèle avec l’Otan. Malheureusement, on retrouve cette tonalité générale dans la quasi-totalité des manuels d’histoire...
Ensuite, on s’aperçoit que pour les concepteurs de cette chronologie, les professeurs d’histoire et géographie n’ont certainement pas la mission de sensibiliser leurs élèves sur l’éventuelle implication du peuple européen dans ce processus de construction : là encore, on retrouve le penchant assez habituel des documents réduisant l’Histoire à l’action des grands hommes (et de quelques femmes tout de même...) et la démocratie au fonctionnement de grandes Institutions totalement désincarnées.
Bref, un document tendancieux, mais finalement rien de très nouveau... Mais c’est à la fin de la frise chronologique que le scandale se révèle.
Eh, M’sieur Darcos, y s’est passé quoi en 2005 ? Rien mon petit... rien du tout...
Entre les portraits de Jacques Santer (ex premier ministre Luxembourgeois, ex président de la Commission Européenne et co-rédacteur en 2003-2004 du Traité établissant une Constitution pour l’Europe) et de Nicolas Sarkozy, il y a l’année 2005... vide !
Dans une chronologie sur la construction de l’Union Européenne dont les concepteurs ont jugé indispensable de rappeler la victoire de l’Allemagne à la coupe du Monde de football le 4 juillet 1954, celle de la France le 12 juillet 1998, la naissance de la brebis Dolly le 5 juillet 1996, il est stupéfiant de découvrir qu’en 2005... rien. Il ne s’est rien passé.
Il est pourtant bien signalé que le 29 octobre 2004, le Traité établissant une Constitution pour l’Europe a été signé. Et que le 13 décembre 2007, ça a été le tour du Traité de Lisbonne. Deux traités en 3 ans, ça mériterait une explication, non ? Mais non : en 2005, il ne s’est rien passé... pas plus qu’en 2008 du reste !
Ainsi, pour la propagande euro-béate organisée le vote des peules français et hollandais des mois de mai et juin 2005 repoussant par référendum le Traité établissant une Constitution pour l’Europe, et celui du peuple irlandais refusant de ratifier en juin 2008 le Traité de Lisbonne, sont des événements indignes de figurer dans des documents pédagogiques diffusés par le Ministère de l’Education Nationale et ne sauraient être enseignés par les professeurs d’Histoire et Géographie. Ces derniers sont appelés à claquer des talons et à diffuser auprès des élèves cette présentation édifiante de la construction parfaitement linéaire d’une Union Européenne consensuelle... c’est-à-dire conforme aux conceptions libérales et atlantistes de ses actuels dirigeants.
Alors voici une suggestion : comme il n’est pas question de gaspiller les considérables moyens investis par le Ministère de l’Education Nationale pour faire tirer et distribuer à tous les collèges et lycées ce beau support pédagogique (en couleur et sur papier glacé), et comme les professeurs sont tous des serviteurs zélés de la fonction publique enseignante, on ne peut que recommanderl’affichage de ces documents dans toutes les classes... Toutefois, au nom de l’exigence scientifique, et utilisant leur liberté pédagogique reconnue par leur statut, les professeurs qui liront ces lignes sont aussi invités à apporter toutes les modifications nécessaires à la main ! Aussi proprement que possible, mais qu’on se rassure : il y a de la place sur les années 2005 et 2008 laissées entièrement libres ! Merci donc au concepteur pour cet encouragement à une pédagogie active et transdisciplinaire.
Ainsi, Monsieur le Ministre aura la satisfaction d’avoir effectivement été à l’origine d’une belle campagne participative d’instruction civique...
* Nicolas Voisin est militant du Parti de Gauche
Source
http://www.rezocitoyen.org/spip.php?article6331
29 mars 2009
fable du péquin
Sujet : fable
Le Sarko et le Péquin
A apprendre a nos enfants pour reciter aux inspecteurs ?
Yael
Le Sarko et le Pequin
Maître Péquin, bien devant sa télé,
tenait en sa main son destin.
Maître Sarko, par des mots bien pesés,
lui tint ce joli baratin :
« Oyez ! Oyez ! Monsieur du Péquin.
Vous êtes besogneux ! Vous êtes travailleur !
Sans mentir, si votre abattage,
se rapporte à votre courage,
vous êtes le Phénix de tous mes électeurs,
et je saurais rétribuer votre labeur. »
A ces mots, le Péquin ne sentant plus sa joie,
et pour montrer sa belle voix,
vers l'urne tend la main,
engloutit son destin.
Il attend, il attend, bien devant sa télé,
le printemps, les promesses de blé.
Ne voyant pas venir la récolte promise,
le corps englué dans le Stakhanovisme,
Péquin prie sa grandeur, son bon maître Sarko,
de lui servir autre chose que des os !
Maître Sarko, par ses mots bien rusés,
lui dit : « Mon tout petit, mon nouveau né,
il faut savoir que tout bonimenteur,
vit aux dépends de celui qui l'écoute !
Et somptueusement, sans aucun doute? »
Maître Péquin, mains vides et cul atteint
S'en retourna penaud à son turbin.
24 mars 2009
école gratuite
Lorsque l'on sait que P'tit Louis (le dernier rejeton Sarkozy)
est scolarisé depuis septembre à Dubaï………… l'article s'éclaire d'un
jour nouveau !
Info de notre bon gouvernement. C'est intéressant. bonne lecture...
Pendant que le gouvernement ratiboise les effectifs des profs, Sarkozy
veut imposer une réforme géniale. Il a décidé d'offrir aux expatriés la
gratuité des écoles et lycées français de l'étranger. Un cadeau sympa,
non ? Sauf qu'il va surtout profiter aux plus aisés, et que l'addition,
pour l'Etat, s'annonce carabinée. Ces écoles, très cotées étaient
jusqu'à présent payantes. Certains lycées sont des établissements
publics, d'autres, privés sous contrat. En tout 160 000 élèves y sont
scolarisés, dont 80 000 français. Sous la tutelle du Quai d'Orsay,
chaque établissement fixe assez librement ses tarifs et ça atteint des
sommets: 5 500 euros l'année à Tokyo, 6 500 à Londres, 15 000 à New
York et 17 000 euros -le record- à San Francisco.
Au diable l'avarice! Pour les expatriés modestes, un système de bourses plutôt généreux est déjà en place.
A New York, par exemple, il faut gagner moins de 65 000 euros par an
-pas vraiment le smic- pour décrocher 4 500 euros d'aide. Environ un
quart des élèves français bénéficient d'une bourse. Mais pour Sarko, ce
n'était pas assez. Depuis l'an dernier et à la demande express de
l'Elysée, l'Etat prend en charge l'intégralité des frais de scolarité
des élèves français de terminale... quels que soient les revenus des
parents. Plus besoin de bourse ! A la rentrée de septembre, ce sera le
tour des premières, puis des secondes l'an prochain, et ainsi de suite.
"
J'aurais pu commencer la gratuité par la maternelle, a expliqué
Sarko, le 20 juin dernier, devant la communauté française d'Athènes.
Mais j'ai voulu commencer par l'année la plus chère pour que vous
puissiez constater la générosité des pouvoirs publics français." Encore
merci !
Mais générosité pour qui ? A Londres, l'une des familles
concernées par ce généreux cadeau déclare plus de 2 millions d'euros de
revenus annuels. Et deux autres gagnent plus d'un million. Jusqu'alors,
une partie du financement était assurée par des grandes entreprises
françaises désireuses d'attirer leurs cadres vers l'étranger. Ces
boites, comme Darty ou Auchan, rentrent déjà leur chéquier : pourquoi
payer les frais de leurs expat' si l'Etat régale ? Un coût qui fait
boum Au Quai d'Orsay, l'Agence française de l'enseignement à l'étranger
a simulé le coût de cette plaisanterie mais s'est bien gardé d'en
publier le résultat. Lequel est tout de même tombé dans les palmes du
"Canard". D'ici dix ans, appliquée du lycée jusqu'au CP (sans parler de
la maternelle), la gratuité coûterait à l'Etat la bagatelle de 713
millions d'euros par an !
Intenable ! La vraie priorité, c'est
l'ouverture de nouveaux établissements, pas la gratuité. Mais pourquoi
Nicolas Sarkozy s'est lancé la dedans ? Peut-être parce qu'il se sent
personnellement concerné par la question : après avoir été annoncé à
New York puis à Londres, petit Louis est finalement inscrit au lycée
français de Doha... Et il va falloir payer ! Auditionné par le Sénat à
la fin juin, Bernard Kouchner n'a pas nié ces menus "inconvénients".
Son cabinet songe d'ailleurs à couper la poire en deux : une gratuité
partielle... mais toujours sans conditions de revenus. Sauf que, pour
le moment, Sarko n'en veut pas. "Je tiens beaucoup à la gratuité",
s'entête-t-il à chaque déclaration à l'étranger. Sans prendre le temps
de préciser comment sera financée cette très généreuse gratuité !
A
DIFFUSER LARGEMENT. Ce ne sont pas les médias qui nous le diront. Et
puisqu'il faut faire des économies à l'Education Nationale, je vous
laisse juges.
Tout va bien. Surtout pour certains.
Il n'y a plus d'argent ????





















